La courge fond sous la fourchette, la viande dore à la sauteuse : deux cuissons pour un seul plat, au four à 180 °C. Comptez 20 minutes de préparation et 50 minutes de cuisson, soit 70 minutes au total pour quatre assiettes généreuses. La courge précuit à blanc pendant que la farce dore à la sauteuse : c’est ce double passage qui évite la farce sèche sous une chair encore crue.
Au sommaire 11 sections
Les ingrédients, pesés
Pour 4 personnes : 9 ingrédients, 1 639 g au total. Les trois qui font le plat : la courge butternut ou potimarron pour la douceur, la viande hachée de bœuf pour la tenue et l’oignon jaune pour le fond. Trois demandent un tour de main avant de commencer — laver et évider la courge, peler l’oignon et l’ail — le reste se pèse et se verse.
| Ingrédient | Quantité |
|---|---|
| 🎃courge butternut ou potimarronenviron 1 kg · lavée | 1 |
| 🥩viande hachée de bœuf5 % de matière grasse | 400 g |
| 🧅oignon jaunePelé | 1 |
| 🧄ail | 2 gousses |
| 🫒huile d’olive | 20 ml≈ 1 c. à soupe |
| 🧀fromage râpé (emmental ou comté)Râpé | 100 g≈ 1 tasse |
| 🍽herbes de Provence | 3 g≈ 1 c. à soupe |
| 🧂sel fin | 3 pincées |
| ⚫poivre noir | 2 pincées |
Pesé pour 4 personnes : 410 g par personne. Affichage métrique par défaut ; le sélecteur d’unités passe en tasses et onces US (1 tasse = 240 ml).
Le matériel nécessaire
Six objets font tout le travail : la cuillère pour vider les graines, le couteau de chef pour tailler la courge, la planche pour émincer, la sauteuse pour la farce, la spatule pour mélanger et la plaque pour la finition.
- couteau de chefpour tailler la courge
- planche à découperpour émincer oignon et ail
- sauteusepour dorer la farce
- cuillère à soupepour vider les graines
- spatulepour mélanger la viande
- plaque de cuissonpour la précuisson et le gratin
La préparation, étape par étape
- Préchauffez le four à 180 °C, chaleur tournante, grille au milieu.
Lavez la courge, coupez-la en deux dans le sens de la longueur et retirez les graines à la cuillère à soupe, en grattant jusqu’aux fibres claires. Badigeonnez l’intérieur avec 5 ml d’huile d’olive — une cuillère à café —, salez, puis enfournez 25 minutes : la pointe du couteau doit s’enfoncer d’un bon centimètre dans la chair, sans la traverser. Cette précuisson à blanc est la même que pour les légumes rôtis au four — c’est elle qui évite une courge crue sous une farce déjà cuite.
- Pelez l’oignon jaune et les gousses d’ail.
Émincez l’oignon finement et hachez l’ail sur la planche, avec le couteau de chef. Gardez-les séparés : ils n’entrent pas en même temps dans la sauteuse. Sortez la viande du réfrigérateur dix minutes avant de la saisir, pour qu’elle ne refroidisse pas la poêle.
- Saisissez la viande seule, puis ajoutez oignon et ail.
Versez les 15 ml d’huile restants — une cuillère à soupe — dans la sauteuse et chauffez à feu vif. Étalez les 400 g de viande en une seule couche : cinq minutes sans y toucher, puis retournez les plaques et comptez deux minutes de plus, le temps qu’elles dorent. Baissez à feu moyen, ajoutez l’oignon et laissez-le devenir translucide quatre minutes, puis l’ail haché une minute — pas davantage, l’ail brûlé est amer. Parsemez enfin les herbes de Provence, le sel et le poivre, et mélangez une minute à la spatule en écrasant les morceaux.
- Sortez les moitiés de courge et posez-les sur la plaque.
Tapissez la plaque de papier sulfurisé et gardez les demi-courges côté chair vers le haut. Garnissez chaque cavité de farce en tassant légèrement : elle doit affleurer sans déborder, sinon elle brunit avant que la courge ne finisse de cuire.
- Saupoudrez le fromage râpé sur toute la surface.
Enfournez de nouveau à 180 °C pour 20 minutes, grille au centre, jusqu’à ce que le fromage soit fondu et commence à gratiner. Si le dessus colore trop vite, couvrez d’une feuille d’aluminium sans toucher à la température : la courge a encore besoin de chaleur pour finir.
- Sortez la plaque et vérifiez la cuisson.
La pointe du couteau doit traverser la chair et la peau sans résistance. Laissez reposer 5 minutes sur la plaque : la farce se raffermit, le jus se répartit et la courge se tient à la découpe.
Ce qui change le résultat
- La courge, choisie pour sa cavité. Une butternut longue se coupe en deux et offre deux logements profonds, faciles à garnir ; un potimarron rond a des cavités étroites où la farce s’entasse et cuit mal. Pour un potimarron, découpez plutôt un chapeau et évidez par le haut : la farce reste au centre, sous le fromage. Comptez une courge d’environ 1 kg pour quatre personnes.
- La matière grasse du haché, écrite sur l’étiquette. Cette recette est calculée sur du bœuf à 5 %, le plus maigre : il rend de l’eau et sèche vite, d’où la saisie à feu vif. Le 20 % donne une farce plus juteuse et plus goûteuse, mais il change la fiche — comptez alors environ 470 kcal et 32 g de lipides par portion, au lieu de 354 kcal et 17,6 g. En restant au 5 %, un jaune d’œuf suffit à rattraper le moelleux, sachant qu’il sort alors du calcul ci-dessous.
- Badigeonner et saler avant la précuisson. L’huile sur la face coupée empêche la chair de se dessécher pendant les 25 minutes à blanc, et le sel posé maintenant pénètre au lieu de rester en surface. C’est aussi le moment de poivrer : la courge est fade par nature, elle a besoin d’être assaisonnée deux fois, avant et avec la farce.
- Saisir par plaques, pas à l’étouffée. Une sauteuse trop chargée fait rendre son eau à la viande et la fait bouillir : elle grise au lieu de dorer. Laissez de la place entre les morceaux, et n’ajoutez l’oignon et l’ail qu’une fois la viande colorée — l’ail brûlé est amer et rien ne le rattrape. La même farce fonctionne pour les courgettes farcies, en version plus légère.
- La farce affleure, elle ne déborde pas. Tassée à ras de la cavité, elle reste sous le fromage et finit de cuire dans le jus de la courge. Trop haute, elle sèche au-dessus tandis que le dessous reste humide : deux textures dans la même bouchée.
- La pointe du couteau, puis cinq minutes de repos. La lame doit traverser chair et peau sans résistance — c’est le seul test fiable, le fromage doré ne dit rien de l’intérieur. Le repos n’est pas décoratif : il laisse la farce se raffermir et le jus se répartir, sinon il s’échappe à la première cuillère.
Avec quoi servir
Trois rôles différents, à prendre ensemble ou séparément : du croquant, de l’acidité, et de quoi saucer le jus.
- Un féculent qui recueille le jus : riz basmati ou semoule fine60 g crus par personne : le grain boit le jus sucré laissé au fond du plat, là où une pomme de terre l’écraserait.
- Une salade de saison, vinaigrette au citronL’acidité tranche le gras et remet du croquant dans l’assiette.
- Du pain de campagnePour saucer : la courge rend un jus sucré au fond du plat, et c’est lui qui vaut le détour.
Le pain et la salade ne se remplacent pas : le pain sauce, la salade rafraîchit, et c’est l’ensemble qui équilibre l’assiette. Servez le pain à part plutôt que sous la courge : il détremperait et perdrait sa croûte. Pour les restes, la chair se retire à la cuillère et se mixe en soupe au potiron à l’ancienne, avec un peu de bouillon pour la détendre.
La portion reste raisonnable (354 kcal) : les accompagnements servent le contraste — croquant, fraîcheur, acidité — pas la compensation.
Conserver sans perdre la texture
Le montage se prépare la veille, et c’est même la meilleure façon de faire : cuisez la farce, laissez-la refroidir, garnissez les demi-courges précuites et filmez le plat. Le lendemain, il ne reste que les 20 minutes de gratin, sans avoir à rallumer le four deux fois. À la réchauffe, ajoutez un trait d’eau dans le fond du plat et couvrez d’aluminium dix minutes : la courge reprend sa chaleur sans sécher, le fromage re-dore en fin de passage.
Ce que contient une portion
Fiche calculée, pas recopiée : chaque nutriment est la somme des valeurs de référence de chaque ingrédient, au grammage exact de la recette, divisée par le nombre de portions.
Courge farcie à la viande hachée
Portion de 410 g · recette pour 4 personnes
* % AR : apports de référence pour un adulte type (2 000 kcal), règlement UE 1169/2011, annexe XIII. « — » = nutriment sans apport de référence fixé par l’UE (fibres, sodium, acides gras trans) : aucun pourcentage n’est affiché plutôt qu’inventé. Source : table officielle de référence (valeur pour 100 g × grammages de la recette).
Les 31,1 g de protéines par portion ne viennent pas de la courge, qui en contient à peine 1 g aux 100 g : ils viennent du bœuf et du fromage, les deux ingrédients bâtis sur des protéines complètes. La courge apporte le reste — de l’eau, 19,8 g de glucides dont 8,1 g de sucres, 4,7 g de fibres et beaucoup de bêta-carotène — et c’est elle qui allège une assiette qui, sans elle, serait un simple haché gratiné. Ses sucres sont ceux d’un légume d’automne, pas d’un dessert ; les 4,7 g de fibres, eux, pèsent réellement : c’est près d’un cinquième de l’apport journalier conseillé, dans une assiette qui contient déjà 100 g de viande.
Allergènes : ce qu’il faut remplacer, et par quoi
1 allergène à déclaration obligatoire, avec la substitution qui fonctionne.
- 🥛 Lait fromage râpé (100 g) → un fromage végétal à gratiner, ou de la levure maltée mêlée à deux cuillères de chapelure sans gluten pour la croûte — la chapelure ordinaire contient du blé, vérifiez l’étiquette.
Aucun autre des 14 allergènes n’entre dans la recette.
Déclaration établie sur la liste des ingrédients (règlement UE 1169/2011, annexe II) ; vérifiez l’étiquette en cas d’allergie.
La petite histoire de la courge
Le potiron, Cucurbita maxima, est une courge américaine : les Européens ne l’ont découvert qu’après les voyages de Colomb, qui l’ont rapporté des Andes. Les peuples d’Amérique du Sud le cultivaient depuis des millénaires, aux côtés du maïs et des haricots.
Il s’installe ensuite dans les potagers français, où il devient la courge d’automne par excellence. Sa chair dense et sucrée supporte aussi bien le rôti que la soupe : c’est la base des veloutés d’octobre. Pour cette recette, le potimarron appartient à la même espèce ; la butternut, plus douce et plus ferme, relève d’une autre, Cucurbita moschata : les deux se farcissent de la même façon.
La butternut, elle, est une création du XXe siècle. Elle est mise au point au milieu du siècle à la station expérimentale de Waltham, dans le Massachusetts, par sélection de courges musquées venues d’Amérique centrale : on cherchait une courge compacte, à chair dense et à petite graine, qui voyage bien. Son nom dit ce qu’elle promet — butter, le beurre, pour la texture, nut, la noisette, pour le goût. Elle n’arrive sur les étals français que dans les années 1980, portée par les primeurs et les magasins de produits surgelés, et s’impose en deux décennies parce qu’elle se pèle sans effort et se coupe en cubes réguliers. Aujourd’hui, c’est la courge la plus vendue en France, loin devant le potiron.
Sources : Muséum national d’histoire naturelle, collections de cucurbitacées ; récits de la conquête espagnole ; archives de la station expérimentale de Waltham (Massachusetts) sur la sélection des courges musquées.
Vos questions sur cette recette
Quelle courge choisir pour faire une farcie à la viande hachée ?
Le potimarron et la butternut sont idéaux car leur chair est fondante et leur cavité facile à creuser. Comptez une courge d’environ 1 kg pour 4 personnes, coupée en deux.
Faut-il précuire la courge avant de la farcir ?
Oui, il est conseillé de passer la courge coupée et vidée 25 minutes au four pour attendrir la chair avant d’ajouter la viande hachée.
Peut-on préparer ce plat à l’avance ?
Oui, vous pouvez assembler la courge farcie à l’avance et la conserver au réfrigérateur avant de lancer la cuisson finale au four.
Comment savoir si la courge est bien cuite ?
Plantez la lame d’un couteau au fond de la courge : elle doit traverser la chair et la peau sans aucune résistance.
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